La désillusion (en 2013)

You’re so strong.
Tu flirtes avec ce que tu connais le mieux. Il n’y a rien de plus beau que le mal qui te dévore et tu croyais pouvoir t’en sortir, mais cette beauté n’oublie pas, ne te libère jamais. C’est un abris illusoire qui t’a hébergé, peut être même qui t’a bercé au cœur des nuits trop lumineuses, celles où la paix est un souvenir, où des néons dévorent l’espace, obligent à regarder en face la douleur. Comme si elle n’était pas assez visible, comme si tu pouvais faire abstraction de son omniprésence.
Tu vacilles entre volonté, désir, espoir. Tu ne sais quoi faire, les choix ne sont pas des choix, ils sont impossibles à capter, impossibles à formuler, trop durs à imaginer. Ils ne laissent pas de possibilités. Face au mur, ou face contre terre, tu avances, tu rampes vers ce qui te semble être à mille lieues des torrents et du chaos. Mais ne crois pas que tu en échapperas. Personne ne le peut.
Tu as parfois imaginé la fin de tes mains, mais c’est trop bête, trop facile, et trop difficile pour toi. Quelle idée de foutre en l’air la seule vie que tu peux espérer avoir. Et à cela tu voulais toujours répondre que cette vie qu’on t’avait donné ne serait plus paisible, plus jamais tu ne pourras te poser pour observer le monde, car il est brouillé. Il fond sous tes pieds, il t’appartient, à toi et à ta douleur. Tout est changé, modifié par le mal. Alors à quoi bon, la vivre, si ce n’est par masochisme. Mais tu as espoir, c’est cela qui te tient debout, le regard vers l’horizon.
Tu vacilles entre cette volonté d’avancer que tu n’as pas, et cet espoir dont tu débordes. Et tu ne sens plus ton cœur quand il est loin. Et tu sens trop la pourriture de ton cœur quand il est loin. Et tu te demandes comment tu te bats, comment tu fais pour y arriver. Et tu ne sais pas comment les autres font, quand toi tu n’oses plus fermer les yeux ,au risque de le voir apparaître.
Tu sais pourtant qu’il n’en sera pas autrement. Parce que ce cœur, que tu croyais si fort, que tu croyais capable de guérir, ne peut se remettre de l’amour, du seul qu’il a toujours cherché, et de celui qu’il veut toujours ressentir, dont il ne pourra jamais. Jamais. se défaire. Aussi ridicule que cela puisse paraître, He’s the one.

Je devrais.
Mal de me dire que pour le première fois je suis morte de trouille, je tremble jusqu’à l’os, je suis rongée par la peur, celle qui vous fige sur place et ne vous laisse que vos yeux pour voir défiler des images incompréhensibles.
Pour la première fois dans ma vie en plein essor, j’ai peur de vivre.
Je devrais te dire merci.

Ne ferme plus les yeux, sinon c’est l’éclair.
Tu as fait de moi une amoureuse malheureuse.
A vrai dire, je n’ai rien fait pour t’en empêcher. Je t’ai chéri, extirpant du plus profond de mes entrailles tout l’amour que je pouvais ressentir et donner, m’aveuglant et me persuadant que tu avais autant à me rendre. Mais il n’y avait rien. Tu ne fus jamais mien, trop pris par le reste de ta vie, tu n’avais d’yeux que pour le monde.
Je t’en veux de m’avoir finalement ouvert les yeux sur la cruauté de ce sentiment absolu et impitoyable. J’ai cru pouvoir le surmonter, le vivre et le ressentir sans doute.
Envie de croire que tu as transformé mon cœur en pierre, envie d’espèrer que je ne laisserai plus personne piétiner ainsi ce qui m’est si précieux, que je donne pourtant si facilement.
Je connais aujourd’hui la vraie signification de la douleur idéelle, incorporelle; indélébile. Celle qui, même après l’orage, vient vous tirailler l’esprit et la poitrine le soir venu, la solitude retrouvée. Elle est sournoise, vous fait croire que tout va mieux, se fait gentiment oublier, avant de vous foudroyer de nouveau.
Et même si j’ai le cœur sous l’emprise du froid désormais, je ne peux fermer les yeux sans te revoir, chaque meuble possède un souvenir de toi, chaque recoin de pièce, et à chaque coin de rue c’est ton ombre que je chasse ou qui me poursuit. Tu es partout, et pourtant c’est dans le néant que je veux te pousser.
Avant que la douleur ne me saigne, je la trouvais fascinante, et je croyais la connaitre. Mais maintenant qu’il n’y a qu’elle dans le reflet du miroir, je crois pouvoir dire que je ne l’avais jamais rencontré.
Tu n’as rien de fascinant, sale douleur, tu n’es qu’un pieux dans le cœur qui jamais ne fond et ne cesse de brûler. Mais mon cri reste silencieux, il résonne contre les murs du vide.
Je vois le vrai visage de l’amour, on pense que ce n’est qu’une rumeur, mais je peux le confirmer, il n’y a rien à voir de ce côté-là, sinon la déception de se donner corps et âme pour une cause perdue, depuis des décennies. Preuve malheureuse qu’on n’apprend définitivement pas de nos erreurs.

Et tu sais, toi.
Il faut permettre de trancher la veine, extraire le venin, recoudre et revivre enfin.
Il me souille et me purifie.
Les images d’aujourd’hui glissaient sur moi, tandis que les souvenirs, aussi douloureux soient-ils, persistent, s’accrochent, s’implantent et grandissent sans plus s’arrêter.

Nostalgie de la douleur
Une Grande bouffée d’air suffit à regonfler la peau flétrie, à raviver le rouge dans nos veines, à redonner au chemin un éclairage naturel et salvateur. Cette bouffée, infinie, il me semble, inépuisable. Je ne sais pas, je ne sais plus s’il m’est possible d’être ainsi, d’accepter le bonheur comme dimension permanente de ma vie.
Vivre heureux est-ce possible ? Jusqu’à la prochaine fracture dans une vie trop fragile mais pas si facile à épuiser. À croire que je n’en ai pas encore pompé tout l’air, celui-là qui donne le sourire.
Mais je ne peux pas savoir. Il me semble que toute cette expérience apprend à avoir peur, peur de vivre encore, peur de rencontrer encore, peur de s’attacher encore, peur d’aimer encore.

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