|L’écriture fragmentaire| .19

Ce qu’il faut à l’esprit personne ne sait pourtant il lui faut une chose une seule mais personne ne sait quoi et quand d’un coup nous savons nous avons cette illumination qui fait frémir le bout des doigts qui fait vivre l’imagination jusqu’au bout des ongles alors l’écran avale tout et ne vous laisse pas de chance plus aucune respiration n’est possible pour l’idée trouvée qui s’est trop vite envolée l’homme est là seul sans plus aucune phrase en tête et l’écran a tout pris parce que le regard a oublié ce qui était important, non pas le monde extérieur mais l’intérieur.

Dès que les yeux font l’erreur de se poser sur la page blanche, hypnotisante, tout ce qui fut créé disparait en un éclair, à peine un souffle pour celui qui pensait avoir enfin trouvé la source. Il faut cacher l’écran il ne faut pas le regarder car sinon tout s’efface. On ne sait plus pourquoi on écrit. Non. Il faut. Penser. Regarder ses doigts, laisser l’esprit diriger les mouvements vers les lettres éclairées. Et se laisser bercer par des pensées brutes, qui finalement sont notre essence. Celle de l’écrivain.

La clef est là. Ne jamais s’arrêter. Aller. Aller encore. Ne pas imaginer qu’un jour quelqu’un arrivera et vous dira que ce que vous écrivez ne vaut rien, car si cela vient du cœur, si cela vient des tripes, si cela vient du fond de votre personne, alors cela aura toujours un sens. Même si la lecture est difficile, l’écriture aura permit à son auteur d’extérioriser ses démons,

Jamais, jamais. Ne pas se relire. Laisser les choses ainsi. Car ce sont ainsi que sont les choses. Les jolies choses ne sont pas celles qui sont agréables non. Les jolies choses sont celles qui vous poignardent et vous emportent loin, très loin de votre corps. Emmené il est l’esprit. Loin. C’est ainsi que l’homme est grand. Habité. Non pas raisonné non. Parti, il s’oublie lui-même pour n’être qu’une larme ou un sourire. Le sentiment doit prendre possession de lui, ne faire qu’un avec son être. Le passé, le futur c’est oublié. Seul l’instant compte. Entre deux souffles courts, il y a l’instant, il y a la jouissance par la tristesse, il y a cette chose qui vous tient. Cette jolie chose qui vous fait pleurer et rire. Vous êtes bel et bien vivant. Vous êtes humain. Perdu. Voué à souffrir du début à la fin puisque conscient du triste sort qui vous est infligé. Rien ne peut vous sauver de vous-même. Puisque nous savons cela, à quoi bon se morfondre. Soyez vivant, simplement.

Bravez mers et torrents sortis de leurs lits !
Ce sont des hommes, non des Dieux,
Sous le tranchant des larmes jamais ils ne plient,
Et, toujours, ils se relèvent face au destin périlleux.

(© FresqueManuscrite)

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