A letter (2)

{Elle} achevait le mot pour la cinquième fois, parcourant les phrases encore et encore, finissant par oublier le sens de tout ça. C’était tout ce qu’elle avait toujours espéré et à présent qu’on lui offrait l’inaccessible sur un plateau d’argent, ce qu’elle n’osait que fantasmer n’avait plus qu’un goût d’accompli et d’usé. Elle tachait de…

Des chimères en son nom

L’homme n’avait au premier abord pas grand chose de plus qu’un autre. Certainement, il jouissait d’atouts physiques non négligeables, de ceux qui captaient les regards et figeaient les souffles. Sa chevelure dense s’ondulait autour de doigts invisibles, elle appelait à la caresse et à la sauvagerie. Sa bouche formait des mots presque inachevés, les sons qui en…

Ricochets

Il me tardait de faire craquer le papier de verre, de briser la glace, de défier la surface, d’aller en profondeur des choses, mais c’était sans compter les bosses et les bleus qui germaient au fur et à mesure de l’étrange voyage de la vie sur ma peau fragile. Il me semblait pourtant que je…

|L’écriture fragmentaire| .19

Ce qu’il faut à l’esprit personne ne sait pourtant il lui faut une chose une seule mais personne ne sait quoi et quand d’un coup nous savons nous avons cette illumination qui fait frémir le bout des doigts qui fait vivre l’imagination jusqu’au bout des ongles alors l’écran avale tout et ne vous laisse pas…

Alexander Pope a dit…

Vous, qui dans les langueurs d’un esprit monastique, ignorez de l’amour l’empire tyrannique, que vos cœurs sont heureux puisqu’ils sont insensibles, tous vos jours sont sereins, toutes vos nuits paisibles. (Photo de couverture de l’article : © Roberto Ferri)

| L’écriture fragmentaire| .30

Vide, intersidéral. Douleur propice aux pensées, douteuses pour changer, réelles, intenses, mais impossibles à retranscrire. Pages blanches, à perte de vue, on y voit des traces de pas, de larmes, des empreintes, sales, seules. Teinte d’énervement, par gouttes, ici et là. S’engouffrer dans une vie dont on n’a aucun contrôle, pas même celui de sa…

La désillusion (en 2013)

You’re so strong. Tu flirtes avec ce que tu connais le mieux. Il n’y a rien de plus beau que le mal qui te dévore et tu croyais pouvoir t’en sortir, mais cette beauté n’oublie pas, ne te libère jamais. C’est un abris illusoire qui t’a hébergé, peut être même qui t’a bercé au cœur…

Le choix (suivi de l’amour)

Un choix. Écartez-vous en et vous serez blâme, hué, montré du doigt. Faire un choix, c’est prétendre que des débris d’hier on construit les murs de demain, c’est avoir le courage (l’audace) de croire un instant qu’il y a du constant en nous, qu’on peut se faire confiance. Mais tout est versatile. Faire un choix…

|L’écriture fragmentaire| .20

Sais-tu que le poisson tourne en rond et se moque de nous ? Il n’a pas oublié notre chute. Il voit. Et ne respire pas l’air que nous polluons. Je vois des guerres infinies, des champs massacrés, des fleurs arrachées. Il y a là des hommes couverts de tâches rouges, une main sur le cœur….

Infinite

Une multitude de possibilités tuées dans l’œuf par des actes que nous n’avons pas commis. Nos vies sont si limitées, par des frontières que d’autres nous imposent. Quel choix nous reste-t-il ? Celui d’agir en dépit des actions que nous n’avons pas faites et qui nous pèsent, éclater les frontières, devenir infini. Je vois là,…

Au coin de la rue

La vie se bouleverse aussi simplement qu’on tourne à un coin de rue. Derrière, un silence, des pas qui résonnent douloureusement, des rires à des fenêtres, un homme quelque part qui joue du piano; Devant, une ligne droite, le brouhaha, de l’inconnu, un homme qui court après un bus. Et chacun croit, aussi fort qu’il…

La veille en 2013

L’écriture est un peu l’art des condamnés. Une échappatoire si peu subtile, et si peu intime. La douleur si elle doit s’exprimer est crue, elle est là, vive, explicitée, l’auteur est mis à nu, les veines ouvertes sur la feuille humide. Il y a un seuil que l’on franchi, toujours trop tôt, qu’on aimerait ne…